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La pratique de l'aikido

 


Spécificités de l'aikidojo l'Ecole

     Entre fédérations et tradition, l’AïkiDojo « L’Ecole » propose de bâtir, comme de bons et humbles artisans, dans une ambiance toute familiale, un espace de rencontre, d’étude et de travail.

     Si nous ne refusons pas de nous inscrire dans une série d’échanges avec d’autres groupements, nous rejetons énergiquement tout système rigide et autoritaire qu’il soit de type fédératif ou sectaire.

     D’abord, nous ignorons toute idée de rapprochement avec les sports de combat, ainsi qu’avec toute activités sportives en général, et excluons donc la notion même de compétition. Certes notre pratique, au niveau le plus manifeste, est bien une activité physique où l’on bouge beaucoup, perd des calories, transpire éventuellement… Mais c’est bien plus que ça ! (le nettoyage complet des vestiaires suffirait déjà à remplir ces conditions).

     C’est une discipline « non violente » qui nous apprend à enrayer l’intention agressive de l’autre plutôt que de le brutaliser.

     C’est également une éthique qui consiste à faire le « vide » en nous, c’est à dire à nous débarrasser de nos propres pensées querelleuses, nos besoins de contrôler et diriger la vie des gens, nos peurs de ceux que nous ne connaissons pas, nos « a priori » et idées préconçues à leur sujet.

     C’est une pratique régulière qui conduit à la plénitude et à la parfaite fusion des énergies physique et mentale ; du perçu corporel, de l’éprouvé émotionnel et de la pensée réfléchie ; du geste spontané et du contrôle de soi.

     Dès lors nous n’acceptons pas ces concours à dates plus ou moins fixes que sont les examens pour l’obtention de grades ou de « ceintures » (parfois coûteux) sous le regard sévère et critique de quelque président ou commissaire national. Et puis comment réduire l’évaluation de pratiquants tous différents, cherchant chacun sa propre voie, à des moments-spectacles, soumis à des critères définis et éventuellement chiffrables (6/10 pour les déplacements !), et où il s’agirait d’être, juste à cette occasion, à la hauteur (de quoi ?).

     Par contre nous envisageons l’évaluation de manière permanente et formative dans un dialogue personnalisé et à chaque fois renouvelé entre le guide et le disciple, évaluation qui ne vise pas une quelconque récompense mais bien le changement de l’être.

     Car dans le cadre d’un aïkido traditionnel non sportif ce qui est donc souligné ce n’est pas la force, la vitesse ni même l’efficacité, mais la transformation personnelle vers un mieux être, une meilleure maîtrise de nos émotions (peur, haine, …), de nos comportement (égoïsme, agressivité, défiance…).

     Mais nous ne voulons pas plus d’un système « médiéval » confondant respect et allégeance, où un message unique serait scandé d’une seule voix par le maître des maîtres (celui qui saurait ce qui est bien pour chacun) et ses zélateurs, organisant finalement la structure de l’enseignement en un modèle figé à suivre par tous… pour le compte d’un seul !

     Non ! Chacun doit pouvoir développer son propre aïkido, explorer toutes les possibilités, dans les mouvements certes mais aussi dans leur approche (le professeur, bien entendu, montre, explique nombre de ces possibilités mais surtout rappelle toujours les bases garantes de la cohérence interne de la discipline).

     Chacun, en respectant l’enseignant et ses consignes dans le dojo, doit apprendre à se connaître, définir ses propres objectifs et prendre en main la conduite de sa vie.

     Ainsi nous présentons une démarche à laquelle nous avons mûrement réfléchi, des exercices que nous avons éprouvés et qui nous semblent appropriés, nous formulons des objectifs qui balisent, selon notre expérience, une des voies qui mènent à la réalisation de soi.

     De cela nous sommes maître (et ainsi nous sommes sur les tatamis) mais pas des pensées ou des actes de nos élèves dans leur existence présente ou à venir. Nous leur faisons confiance…
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