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Avantages du travail aux armes.

     Le travail avec les armes tient une place importante dans notre pratique habituelle. Cependant il ne nous intéresse que dans la mesure où il s’intègre dans la pratique de l’aïkido (c’est pourquoi on parlera d’aïkiken pour le travail du sabre et d’aïkijo pour le travail du bâton) et qu’il apporte des éléments significatifs dans l’apprentissage de notre discipline. Nous ne travaillons donc pas les armes pour les armes (et remarquer qu’untel est meilleur aux armes qu’à mains nues n’a pas de sens pour nous).


     D’abord avec les armes, que ce soit le « boken » (sabre en bois) ou le « jo » (bâton), la position caractéristique dans notre pratique, « san ka ku ho » (position des pieds en triangle), se prend de manière toute naturelle.



Ainsi le « shiseï » (attitude), dans son aspect physique (verticalité du corps, alignement pieds arrière bien enraciné – lombes – centre – mains, regard devant soi) se construit dans le mouvement (couper, frapper, balayer… en se déplaçant) sans que l’on soit influencé (gêné, immobilisé, écrasé!…) par la masse ou la force du partenaire.

     Pourtant de la même manière, sans les armes, le mouvement se développera alors les mains devant soi et l’utilisation de « te gatana » (la main-sabre) nous permettra de nous défaire de la prise d’un partenaire ou de dévier son attaque, de le frapper (couper ou piquer), de le contrôler et de le projeter.







     Ensuite les armes, prolongement de la main, montrent de manière très explicite le sens et la direction des forces.
Ainsi il paraît clair qu’on ne peut s’approcher impunément de quelqu’un maniant le « jo », le « boken » voire le « tanto » (sorte de poignard en bois), qu’on ne peut tourner autour de lui ni lui tourner le dos.

     En ce sens, le travail avec les armes, mieux qu’à mains nues, nous permet d’appréhender la distance confortable idéale et de gérer cette distance en fonction des mouvements et déplacements du partenaire.





En veillant au « mawaï » (« espace-temps »), bien centré soi-même, on peut dès lors trouver l’ouverture, décentrer le partenaire (prendre son centre) sans s’opposer à lui (« ki no nagare »).

     Ainsi on apprend à développer la sensation de cet instant où, au lieu de partir à l’assaut fort de sa puissance et de sa vitesse, l’on peut prendre calmement (je dirais même paisiblement) du recul, c’est-à-dire prendre le temps, subjectivement allongé, de saisir le contexte, de prendre une décision (« tuer » ou « aider ») et d’agir sans précipitation. 
 


     L’usage des armes dans le travail avec les enfants et les adolescents sera traité dans une autre rubrique.
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